FERROVEILSYSTEME DE SUIVIDE RESEAU FEROVIAIRE ET DE PREVENTION D'INCIDENTS
Le système proposé est totalement indépendant des infrastructures existantes et ne nécessite aucune infrastructure particulière autre que le système de balises et éventuellement le raccordement automatique sur un système d'alarme se situant dans la locomotive. Il peut donc être installé sur des installations à faible niveau d'infrastructure.

Figure 1 : Système de prévention des incidents, présentation générale
La balise fixée sur les motrices renvoie les indications de position de GPS vers la balise se trouvant au point fixe, relié à la station de contrôle du réseau. En cas de problème, par exemple deux trains en sens inverse sur la même voie unique, la balise au point fixe renvoie des ordres vers les motrices de manière à résoudre le problème, par exemple alarme suivie d'une action sur les freins.

Figure 2 : Schéma de mesures sur un barrage via INMARSAT
ME2i utilise standard C sous INMARSAT pour réaliser des mesures sur des barrages ou des infrastructures de Génie Civil (voir figure 2).
La transmission de données de et vers le satellite se fait suivant le schéma des figures 2 et 3 : le message envoyé de ou vers la balise sur site passe par une boîte au lettre informatique placée dans une station côtière qui pilote les liaisons INMARSAT. Cette transmission est généralement réalisée à la demande d'un utilisateur raccordé à la boîte au lettre STANDARD-C via un réseau téléphonique câblé.
Elle peut toutefois être remplacée par une transmission de balise à balise sans réseau téléphonique classique. On peut faire de la liaison de balise à balise, les deux balises pouvant d'ailleurs se trouver sur des mobiles, des voitures de chemin de fer par exemple.

Figure 3 : Schéma de liaison directe mobile à mobile, exemple des essais réalisés par ME2i et la SNCF
Le temps de transmission de balise à balise est de l'ordre de 2 minutes du fait du passage par la messagerie. Il est raisonnable de n'envoyer des messages qu'à ce rythme. Les évolutions prévues d'INMARSAT amélioreront la rapidité de transfert.
Il est composé de trois entités :
La figure 3 représente le schéma de fonctionnement GPS. Quatre satellite au moins sont visibles du point "mobile" où est situé un récepteur GPS. Les quatre satellites envoient la valeur de leur horloge atomique et de leur position au récepteur GPS "mobile" qui compare ces temps avec celui de son horloge.

Figure 4 : Schéma de GPS STANDARD sans correction différentielle
Avec 4 satellites on obtient trois Dt corrigés d'une partie des erreurs dues à la traversée de l'atmosphère et aux imprécisions d'horloge; en multipliant par la vitesse de la lumière on a trois Dx. Ces trois distances permettent de faire une triangulation sphérique et donc d'obtenir la position du mobile à ± 100 mètres près.
Diverses techniques permettent d'améliorer la précision de GPS basé sur une réception d'une seconde fréquence GPS, de mesure d'effet Doppler et de mesures différentielles en reportant sur un mobile les corrections effectuées en un point fixe qui peut être situé à plusieurs centaines de kilomètres du mobile.
Le département études et recherches de la SNCF a mis au point avec la société ARNATRONICS un couplage de récepteur GPS avec une cartographie informatisée SNCF permettant de localiser un train en coordonnées "chemin de fer" à partir des données de GPS.
ME2i a apporté sa technique de transmission par INMARSAT pour envoyer une correction différentielle au mobile via satellite.
On voit donc qu'il y a plusieurs manières de se servir de GPS et donc en pratique plusieurs récepteurs GPS qui traitent les signaux d'une manière plus ou moins sophistiquée. Très schématiquement les performances sont les suivantes :
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précision 1 |
GPS non corrigé placé en un point fixe |
± 100 mètres |
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précision 2 |
GPS corrigé en différentiel temps simple |
± 10 mètres |
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précision 3 |
GPS corrigé en différentiel Doppler |
± 1 à 3 mètres |
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précision 4 |
GPS corrigé différentiel de phase placé en un point fixe |
± 1 à 3 cm |
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précision 1' |
GPS non corrigé monté sur un mobile : avion, train, automobile |
± 200 mètres |
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précision 2' |
GPS corrigé en différentiel, monté sur un mobile |
± 20 mètres |
On suppose (voir figure 5) qu'un train (A) s'est engagé sur une voie unique, alors qu'un autre train (B) est déjà engagé sur cette même voie dans l'autre sens.
Par INMARSAT et GPS, la gare tête de réseau équipée d'une station fixe INMARSAT suit automatiquement les trains. La position des trains est supposée connue chaque fois que le message INMARSAT envoyé par le train est arrivé à destination, soit un message toutes les deux minutes. En prenant comme hypothèse une vitesse de 60 km/h, vu qu'un des deux trains est en phase de démarrage et que ce type de réseau ne se prête pas aux grandes vitesses, on constate que les trains ne peuvent parcourir que 4 kilomètres avant que l'information d'anomalie ne soit expédiée. En tenant compte d'un délai d'une minute supplémentaire pour prendre connaissance, comparer automatiquement à la position précédente, on obtient une distance de l'ordre de 6 kilomètres avant de pouvoir intervenir en envoyant une alarme ou en déclenchant automatiquement le système de freinage. Ceci est tout à fait dans la norme des sections à voie unique. On peut évidemment faire mieux en :
On peut évidemment se servir du système pour envoyer des instructions à l'ensemble des trains ou à un train particulier; on peut donc faire en plus de la signalisation.
On peut aller plus loin dans le positionnement en utilisant le localisateur SNCF qui permettra de discriminer plus finement les voies et permettra une meilleure anticipation des problèmes dans le temps.
A plus long terme, le passage au GPS différentiel permettrait sans doute de faire pénétrer le système dans la gare de triage elle-même et pas uniquement sur la section à voie unique.
Le système de base exposé ci-avant est industriellement réalisable dès ce premier semestre 1994 vu que la constellation complète de satellite GPS est en place et que l'on a pu vérifier sur voiture SNCF que les transmissions INMARSAT étaient réalisables au rythme prévu avec une fiabilité apparemment totale.

Figure 5 : Système de prévention des incidents,
version système de secours ultime en cas de mauvais aiguillage
d'un train

Figure 6 : Système de prévention des incidents, version moyen de contrôle de voie libre
Avant d'envoyer un train sur le réseau à voie unique on peut envisager qu'il y ait demande obligatoire d'autorisation au système de prévention. En admettant un raccordement téléphonique avec la balise principale, celle-ci donne son accord d'envoi de train après avoir vérifié que la ligne est libre sur un secteur suffisant.
Il fonctionne indépendamment de tout repère au sol, ce qui permet de détecter un train arrêté n'importe où ce qui ne peut être le cas des systèmes où l'on voit défiler le train par rapport à un balise au sol.
Les coûts d'installation et des balises dépendra du réseau et de la quantité de balises installées. Pour 5 à 10 motrices on devrait être inférieur à 200.000 Francs par motrice (estimations 1996)
Le risque de fermeture aux utilisations civiles de GPS est très faible compte-tenu que le maître d'ouvrage du système est le ministère américain des transports en association avec le ministère de la Défense. Des normes d'utilisation GPS sont devenues pratiquement aussi officielles que les normes de télécommunications publiques internationales.
Dans sa version la plus simple exposée ci-avant, il peut d'abord n'équiper que quelques unités du parc de matériel ferroviaire; le système pouvant même être déplacé d'une motrice à l'autre. Le nombre d'unités équipées peuvent ensuite être augmentées progressivement.
La précision du système peut également évoluer en lui ajoutant le localisateur SNCF. A l'inverse, si le localisateur SNCF est installé sur un réseau, ce système en est le complément naturel.
P. De Sloovere
ME2i, l’expérience de la mesure physique au service du sol et des structures